Le jeudi 12 mars 2026,
de 18 heures à
22 heures :
présention d'une nouvelle toile :
" Blue
monogold"
Un « Monogold »
qu’est-ce que c’est ?
"Monogold » désigne une série d’œuvres monochromes de Yves Klein créées en 1960, entièrement recouvertes à la feuille d’or.
J’ai réalisé ce travail avec pour principe que le reflet de la lumière sur l’or fasse passer du positif au négatif les motifs. Les parties dorées « dansent » devant le fond bleu de la toile.
« Blue monogold » est donc une peinture vivante, qui en hommage au grand maître du monochrome, se voile ou se dévoile, reflétant l’espace lumineux qui l’entoure.
Philippe Morillon
« Blue monogold » Huile,
acrylique, dorure à la feuille sur toile, 2025.
30 figure : 73 cm x 93 cm.
Deux aspects de la toile selon la lumière qu'il recoit.
Exposition du 12 mars au 4 avril 2026
à la Galerie
de la Clé
23 rue Michel le Comte,
Paris 75003


Actualité
A "Blue monogold " theory, une présentation à la galerie.
le samedi 21 Mars.
Variation théorique pour mon tableau Blue monogold, 2026
J’ai trouvé dans le travail d’Étienne Souriau, une manière des classer et définir les œuvres d’art qui m’a semblé interessante pour parler de cette toile. C’est une philosophie esthétique un peu datée, des années 40. Etienne Souriau ( 1892/ 1979) était l'un des principaux esthéticiens français du XXe siècle et l'un des pères spirituels de l’esthétique contemporaine. Il a développé une théorie selon laquelle une œuvre d’art n’existe jamais sous une seule forme, mais selon plusieurs modes d’existence : Elle est une réalité plurielle. Une sorte de boite qui contiendrai plusieurs parties dont certaines sont invisibles.i Il distingue notamment :
L’existence matérielle : l’objet artistique concret (toile, sculpture, support)
l'existence immatérielle sa place dans l’histoire de l’art, ses relations avec les autres œuvres et artiste, son rôle dans la société et les interprétations qu’elle suscite.
Les modes d’existence des œuvres d’art :
1/ l’existence matérielle : l’objet artistique concret : C’est la couche la plus visible, mais ce n’est pas l’œuvre entière.
C’est une toile de 30 figure peinte à l’acrylique puis à l’huile en un bleu presque uniforme, c’est le fond monochrome. J’ai passé une mixtion à dorer dite « Trois heures » sur la surface, et placé des morceaux de feuille à dorer a la main en prenant soin de laisser des espaces réguliers entres les fragments de métal.
2/ L’existence immatérielle : l’œuvre dépasse son support matériel. C’est un mode psychique, il n’existe que dans le regard de la personne qui regarde le tableau.
- J'ai réalisé ce tableau avec pour « principe directeur » que le reflet de la lumière sur l'or fasse passer du positif au négatif les motifs. Les parties dorées « dansent » devant le fond bleu de la toile lorsque le spectateur ce déplace devant la toile.
Blue monogold est donc une peinture vivante, qui se voile ou se dévoile, reflétant l'espace lumineux qui l’entoure. C’est une expérience esthétique : La lumière, la vibration, la présence, l’affect que ça produit change à chaque regard, puisque c’est une œuvre interactive, qui à la manière Marcel Duchamp demande des « regardeur », des spectateurs pour s’actualiser. Comme un miroir, la feuille d’or change selon la lumière qu’elle reçoit, le tableau sera donc différent dans chaque endroit ou il sera observé. Différent selon la lumière si celle-ci bouge. Mais si il n’y a pas de spectateur et que le tableau est dans le noir il devient potentiel.
- La beauté est le moment où une potentialité se réalise pour Souriau. Il dit que lorsque l’œuvre existe dans un mode esthétique : elle n’est pas donnée d’avance, elle doit être instaurée. C’est un événement.
La beauté, comme l’énergie, apparaît quand une forme passe de la puissance à la manifestation selon Aristote. Exemple : Dans un bloc de marbre, il y a en puissance une statue qui devient actuelle par les gestes de l’artiste. Quand la forme se manifeste, quand la potentialité devient présence, alors la chose atteint son accomplissement (entelecheia). C’est ce passage qui produit la beauté, car la beauté est liée à la forme accomplie dans la tradition de l’esthétique aristotélicienne. L’énergie n’est pas une force physique : c’est l’être‑en‑acte. Elle apparaît quand une forme se réalise. (L’énergie est l’acte par lequel une forme passe de la puissance à sa réalisation.) - Puissance = ce qui peut être.
- Acte = ce qui est.
- Énergie = le passage de l’un à l’autre.
- La beauté = l’apparition de ce passage.
Dans les esthétiques contemporaines un bel objet d'art n’est plus un idéal, il est remplacé par une situation à vivre, un événement sensible. C’est ce qu’affirme Nicolas Bourriaud dans son texte sur l'Esthétique relationnelle (1998). Ce mode d’existence est collectif, co‑instauré. Les « objets d’art » y sont secondaires.
2 bis / L’existence totalement immatérielle :
Le fait d’exister est immatériel : Yves Klein a complètement supprimé tout objet d'art dans « L’exposition du vide » en 1958, l’espace entièrement blanc de la galerie devient un espace de projection mentale. Yves Klein voulait que le visiteur ressente plutôt qu’il n’admire sa peinture blanche très épaisse. Le vrai titre de l’exposition est : « La spécialisation de la sensibilité à l’état de matière première en sensibilité picturale stabilisée ».
En 1959 avec sa « Zone de sensibilité picturale immatérielle ». Klein vend une “zone immatérielle” contre de l’or. Pour finaliser la transaction, l’acheteur reçoit un reçu. Pour devenir propriétaire de l’œuvre, il doit brûler le reçu. Klein, lui, jette la moitié de l’or dans le fleuve. L’œuvre n’est pas visible, mais elle est réelle. Elle existe comme présence, comme sensibilité, comme expérience.
D'autres artistes suivrons cette position radicale : Tino Sehgal réalise des œuvres immatérielles (des interactions humaines) : il dit que ce sont des « situations construites ». L’œuvre est visible, physique même si elle est éphémère. Elle transforme le visiteur en acteur de l’œuvre. Il n’y a plus que des paroles entre les personnes présentes. Rien n’est écrit, ni photographié, ni catalogué.
Exemple : « This is so contemporary » (2005). Dans un musée, les gardiens — qui d’habitude restent immobiles — se mettent soudain à danser en disant : « This is so contemporary » Ils répètent la phrase en rythme, avec des gestes précis. Certaines « situations construites » peuvent être sans parole : la gardienne d’un musée tombe dans les pommes devant un visiteur qui rentre dans sa salle.)
- Sa place dans l’histoire de l’art : une œuvre n’est jamais née de rien, c’est toujours la fille d’une autre œuvre, il n’existe pas de génération spontanée en art comme ailleurs. Les nouveautés sont rares.
« Nous sommes des nains sur les épaules des géants » C’est une citation attribuée à Issac Newton. Si il y a du progrès en sciences, il n’y en n’a pas en art, mais il y a des couches successives, des sédimentations, qui nous permettent de creuser et d’utiliser le passé. Une œuvre n’existe jamais d’une seule manière. Elle est une réalité plurielle.
- ses relations avec les autres œuvres et artistes.
«Monogold » désigne une série d'œuvres monochromes de Yves Klein créées en 1960, entièrement recouvertes à la feuille d’or. Pour Klein, l’or est une matière de présence absolue, l’or comme pure apparition.
Je pense à ce propos à Walter Benjamin pour qui « l’aura » est une forme de présence qui se manifeste quand : l’œuvre résiste à la reproduction, garde une distance, impose un rapport singulier au spectateur. La présence n’est pas la proximité. La présence est ce qui se tient là, irréductible, non substituable.
Benjamin analyse la disparition de l’aura. Klein cherche à produire une aura nouvelle, immatérielle, vibratoire. Il ne faut pas regarder la matière d’un monochrome, mais ressentir l’énergie cosmique venue du tableau qui n’est qu’un support de présence spirituelle. Je ne sais pas si Yves Klein aurait été d’accord, mais c’est comme cela que je le l’interprète à l’aide de Walter Benjamin. Je n’ai pas les mêmes intentions pour cette toile, mais le néologisme de Klein me semblait bien choisit pour ce travail qui est difficile à photographier et à accrocher.
- La liste des artistes qui ont utilisés la feuille d’or est trop longue pour la donner ici, mais j’ai choisi quelques œuvres en rapport avec ma toile :
- Andy Warhol « Marilyn ( Reversal ) » 1981, sérigraphie sur toile, 45 x 35 cm. Smithsonian Institution. Warhol utilise une peinture argentée pour le fond de la toile qui fait passer de négatif à positif l’image de l’actrice selon l’éclairage du tableau. Warhol à aussi utilisé la feuille d’or dans les années 50 lorsque il faisait des illustrations commerciales. ( A gold book, 1957, encre sur papier doré, 36 x 28 cm.
- Lucio Fontana, « Concetto Spaziale, i quanta » 1959. 36 x 46 cm. Peinture doré sur toile. Prada collection. C’est un espace caché derrière le tableau qui apparait dans la fente centrale. C’est un ancien événement qui dévoile et masque le mystère de l’envers. Le vide comme apparition.
- Pierre Soulages : Le noir comme surface révélée par la lumière. Il n’a pas travaillé avec de l’or, mais c’est la lumière qui « allume » aussi ses monochromes.
- Dans les peintures et mosaïques religieuses anciennes : La mosaïque dorée de la Déisis (Sainte‑Sophie, Istanbul) 1261, émaux et verre doré, millions de tesselles, le Christ Pantocrator, flanqué de la Vierge et de Jean‑Baptiste.
- Duccio « Maestà » (1308–1311) Sienne, Museo dell’Opera del Duomo.
- Fra Angelico – Annonciation (vers 1430–1440) Florence, Couvent San Marco.
- Formellement cette toile ressemble à une peinture de Simon Hantaï, elle utilise la répartition de formes similaires en champs vibratoires, d’alternances pleins/vides, mais n’a pas d’autre parentés.
- François Morellet : Chez Morellet, la forme n’est jamais intuitive. Elle est produite par un protocole, souvent simple, parfois absurde, toujours élégant. Il peut répéter un motif hasardeux jusqu’à saturation. C’est un processu.
Je ne choisit pas les formes des parties dorées, je déchire et découpe un peu au hasard. Je rempli aléatoirement l’espace de la toile, ma concentration n’est que sur les vides, les espaces interstitiels entre les pleins dorés qui doivent « circuler ».
Quelques détails sur l’esthétique de Souriau.
En 1969, Souriau publie La Correspondance des arts, qui se propose de définir l'architectonique des lois et d'organiser le vocabulaire commun aux œuvres d'art par delà les disciplines artistiques. Dans cet ouvrage, il détaille son « Système des Beaux arts » selon les deux modes d'existence : phénoménale et « réique » ou « chosale » avec une esthétique = l’existence comme œuvre.
- Réique = ce qui existe comme une chose, une réalité objective, indépendante de notre perception. (res = chose)
- Chosale = C’est la présence d’une chose dans le monde, son “être‑là”. Ce qui existe comme une chose, mais pas seulement comme matière.
- Cela me fait souvenir d’une esthétique un peu antérieure : Pour Walter Benjamin : l’œuvre d’art traditionnelle possède une aura : unicité, présence, hic et nunc , “L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique” 1939 et bien sûr de Heidegger dans « L’Origine de l’œuvre d’art » 1936, qui applique cette idée à l’art : une œuvre ouvre un monde, elle installe une présence, elle fait tenir la vérité dans l’espace, Souriau et Heidegger pensent l’œuvre comme événement, pas comme objet.
- Personnellement je suis un adepte de la « théorie institutionnelle de l’art » de Georges Dickie en 1974 : Une chose devient une œuvre d’art parce que le monde de l’art la reconnaît comme telle.
- C’est ainsi chez Arthur Danto : un monochrome et une porte de placard peuvent être indiscernables : deux objets identiques matériellement, l’un est une œuvre, l’autre est un objet banal : Une œuvre d’art est un objet sur lequel une interprétation peut se poser dans un « monde de l’art ». C’est le discours qui donne le statut « artistique ». Le storytelling devient la condition d’existence de l’œuvre.
- Beaucoup d’artistes à la mode aujourd’hui on toujours un très bon storytelling et une œuvre assez peu originale, mais ce n’est plus important si l’histoire est vraiment séduisante pour le public.
Pour Souriau : c’est l’existence trans-subjective des œuvres qui est évoqué. C’est l’œuvre comme réalité partagée : ce que plusieurs spectateurs reconnaissent, ce qui fait consensus. On n’est pas loin de Dickie.
Le chosal est le pont entre la matière et l’art.
- Dans le mode d’existence chosale, il distingue deux modes :
- Les arts présentatifs : Ils ne représentent rien : ils se présentent. ils existent par eux‑mêmes, comme des formes, des forces, des présences. L’art abstrait.
- Les arts représentatifs : L’œuvre représente : elle renvoie à un référent extérieur. Elle est un double, une image, une figuration. C’est la mimesis.
- La mimésis, c’est l’art d’imiter le réel, mais en le transformant pour lui donner du sens. Pour Horace : “L’art est une imitation de la nature.” ( Ars naturam imitatur) L’art imite la nature, mais l’améliore pour Aristote.
- Pour les modernes avec René Girard : La mimésis = désir imitatif (on désire ce que l’autre désire). Ce n’est plus artistique, mais anthropologique.
Le ready‑made est un déplacement de mode d’existence. Il passe : du réique (objet industriel) au chosal (présence dans un espace d’exposition) au mode esthétique (par décision, nomination, contexte) C’est exactement ce que Souriau appelle une instauration. Une sorte de parcours d’obstacle à réussir pour l’artiste.
- Le ready‑made n’est ni représentatif ni présentatif.
- Il est instauratif. Il devient œuvre par changement de régime d’être, pas par forme. ( C’est le nominalisme de Marcel Duchamp : il n’existe pas d’Art pas essence, c’est le nom qui fait l’œuvre, pas l’objet ).
- Résumé = Une œuvre n’existe pas seulement comme objet (réique).
- Elle existe aussi comme présence dans le monde (chosale).
- Et encore autrement comme œuvre (mode esthétique).
Une œuvre n’existe jamais d’une seule manière. Elle est une réalité plurielle.
- ( si on classe mon tableau dans la classification de 1969 du Système des Beaux arts, C’est du « Chosal présentatif » )
Philippe Morillon
Catalogue général des œuvres (Photographies, Peintures, Direction artistique, Graphisme)
1 / Les photographies
en noir & blanc
Les années 80'
Du Palace aux Bains Douches et au Club 7, les photographies des années 80, en noir et blanc, représentent des personnalités à la mode et des anonymes de la vie nocturne des "branchés" à Paris. Prises pour finir des pellicules argentiques avant leur développement, elles sont restées pour la plupart inédites. Le style est spontané et improvisé. D'autres images de studio dressent aussi un portrait intime d'une époque disparue.
● Cinq albums de photographies des années 70/80.
● Une page pour le livre de 2008 consacré aux photographies des années 70/80.
● Une pages consacrée aux "Fictions de 1988", des macrophotographies de maquettes et petits personnages.
2 / Les peintures numériques depuis 2010
Dans le style des illustrations des années 80 les peintures sont exécutées sur écran avec des pinceaux Photoshop et Painter ( logiciels de dessin) puis tirées sur papier aquarelle au jet d'encre à 10 exemplaires. La matière en relief de la peinture à l'huile est simulée ainsi que le grain de la toile. Dans certaines productions des matières picturales en relief ont été scannées pour être intégrées dans l'image en trompe l'œil.
● Quatre albums des peintures et de détails : Album 1 Album 2 Album 3 Album 4
● Dessins numériques sur papier Ingres, 2020
● Peintures numériques d’après Joseph Vernet, 2011
3 / Les illustrations
depuis 1974
Réalisées d'abord à l'aréographe aux encres puis à la peinture acrylique sur carton ou toile d'après des photographies prises par l'auteur ou collectées, les illustrations sont destinées à la publicité ou à l'édition et la presse dans un style hyperréaliste/pop/rétro.
● Quatre albums d'illustrations : Album 1 Album 2 Album 3 Album 4
4 / Les peintures & dessins,
1985 à 2000
Sans les contraintes de la commande ces dessins et peintures sur toile ou carton explorent des techniques et approches différentes : figuration plus libre ou abstraction, pratique du monochrome, de la feuille d'or et de la sérigraphie.
● Trois albums de peintures & dessins Album 1 Album 2
● Les peintures monochromes, 1990/ 1995

5 /Les papiers peints, les
dessins grecs & les collages, 2010 / 2024
● Ces papiers peints évoquent les années 70 et 80 et racontent les obsessions de l'auteur avec l'art et les personnages de l'époque.
● Les grecs : une série de dessin à la manière des vases grecs antiques rouges et noirs.
● Les collages reprennent les motifs des illustrations et les combinent directement dans la tradition de Kurt Schwitters et Robert Rauschenberg.
6 /L'ancien numérique : Photographie & dessins
2000 / 2015
Les possibilités numériques de l'informatique permettent de créer des images sur les logiciels Photoshop et Illustrator, dans des mondes parallèles ou minimalistes.
● Les photographies numériques et les Polyptyques
● Les dessins numériques ( 2000/ 2015)
● Les portraits vectoriels "Pop" au trait sur Illustrator

8 /Publicité, direction artistique et magazines
Direction artistique du magazine Egoïste et du Vogue francais, maquettes et logos, affiches et couvertures de presse, campagnes Renault pour Publicis, album pour le Centre Pompidou, communication pour Karl Lagerfeld....

9 / Editions, livres & boutique provisoire
● Les livres de photographie et de dessin et de peinture, les éditions d'artiste
● Le catalogue de la collection
● La boutique provisoire
10 / Biographie, liste des expositions. Liens & textes, Préfaces & commentaires
La liste des expositions & les liens des pages internet des parutions de presse numérique. Les archives des expositions passées, les préfaces des livres et les textes.
● Les liens ● Les expostions ● Le journal de 1977 ● Les préfaces ● Notes & commentaires
" I'll be your mirror "
Andy Warhol
1977, Tirage argentique
Le tirage de 10/10 exemplaires avec l'image de 48 x 33 cm est épuisé. Le tirage des 4 A.P. (artist print) est au N° 3 : image de 43 x 58, encadré 64 x 80 cm (Le prix est proportionnel au numéro du tirage, il augmente avec les numéros ).





